Tu : Écrire à la deuxième personne.

La 28e Nuit
La deuxième personne est un peu la parente pauvre du récit. Rares sont les textes rédigés à la deuxième personne. Pour ma part, je l’ai découvert avec les lectures d’Un homme qui dort de Pérec et le sublime Lambeaux de Juliet (sur lesquels je vais revenir).
Comme le résume Michel Butor dans son article sur « l’emploi des pronoms personnels dans le roman » :
« À l’intérieur de l’univers romanesque, la troisième personne “représente” cet univers en tant qu’il est différent de l’auteur et du lecteur, la première représente l’auteur, la seconde le lecteur… »
Pourquoi écrire à la deuxième personne ?
Étrangère aux usages les plus ordinaires, la narration à la deuxième personne vise d’abord à surprendre le lecteur par l’attrait du changement.
Le texte littéraire n’existe pas pour lui-même : il est conçu pour l’expérience de la lecture.
Cette expérience s’enrichit lorsque l’auteur trouble les habitudes du lecteur, plutôt accoutumé aux confidences d’un je ou aux aventures d’un il-elle.
L’écriture à la deuxième personne permet de créer un sentiment de complicité et de connivence entre l’auteur et le lecteur.
Une complicité particulière, puisqu’elle commence par une intrusion : celle du lecteur, personne réelle, qui fait irruption dans l’univers, fictif, du roman qu’il est en train de lire.
Cette intrusion du réel dans la fiction a lieu en franchissant la frontière mouvante mais sacrée entre deux mondes : celui où l’on raconte, celui que l’on raconte. Le lecteur peut avoir le sentiment de passer de l’autre côté du texte.
Le lecteur peut être complice lorsque l’auteur travaille à créer un sentiment d’identification.
Surtout ressort de cet usage, un texte qui se charge d’émotion et de poésie.
J’ai vraiment hâte de te partager ce nouvel exercice !
As-tu déjà lu des œuvres à la deuxième personne ?